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Les jours se suivent et ne se ressemblent décidément pas. L'on avait déjà pu pointer du doigt la crise économique et sociale résultant d'années de capitalisme débridé ultra-libéral. Ce capitalisme-casino où chacun était invité, si ce n'était déjà fait, de se dépouiller de ses modestes économies au bénéfice de spécialistes de la haute finance qui, disaient-ils, allaient faire fructifier votre bas de laine durement acquis. C'était le bon temps, ma p'tite dame. Le temps où les banques représentaient l'antithèse du risque, où la confiance en ces institutions (au regard de l'actualité, la minuscule reste de rigueur) étaient encore supérieure à celle accordée à son médecin traitant. Un temps que les moins de 20 ans, bientôt, ne pourraient pas connaître...
Mais voilà, à croire que l'argent peut tomber du ciel et que la fortune sourit aux audacieux, certains en sont venus à oublier le principe même d'une Bourse... et les dangers qui l'accompagnent ! De l'idée de Bourse-investissement, ces dernières années ont vu l'apogée d'une Bourse-casino où, sur un roulé de dés chanceux, chacun pouvait devenir "scandaleusement riche". Il aura fallu un séisme financier pour douloureusement ouvrir les yeux de milliers de joueurs qui confondaient épargne et bandit-manchot. Qui blâmer par ailleurs ? Ceux à qui était promis un rendement élevé ou ceux qui le promettaient ? Ceux dont le seul égo était de transmettre à leurs enfants un patrimoine confortable ou ceux que leur égo surdimensionné a poussé à des transactions aussi stupides que suicidaires ? Ceux qui faisaient confiance aveuglément ou ceux qui aveuglaient ? Cela rappelle étrangement l'histoire de la poule et de l'oeuf.
Quoi qu'il en soit, outre ces constats sociologiques, il est évident que le monde politique a joué un rôle important dans cet enchaînement d'évènements. Et que dire, alors, de la gestion unaninement jugée légère par l'ensemble des observateurs éclairés du monde financier. Rendez-vous compte : en quelques jours seulement, alors que le budget de l'Etat est en équilibré précaire depuis des années et que l'on demande à tous des efforts considérables, Didier Reynders va sortir de son châpeau des milliards d'euros inutiles pour "sauver les banques". L'intention est certes louable, mais elle apparaît, après coup, comme une tentative désespérée de sauvetage. Un peu comme d'écoper le Titanic avec un dé à coudre ! La crise est alors mondiale, il est beaucoup trop tard et personne n'a, apparemment, rien vu venir. Ni le ministre, ni la CBFA, persone ! Mais il a une solution : BNP Paribas. Le groupe français désire acheter à prix d'ami (et c'est un euphémisme) la banque Fortis. On connait la suite, les actionnaires refusent et Didier Reynders est sommé de revoir sa copie.
Dur de la feuille Didier Reynders ? Pensez-vous ! Plus d'un mois après le refus des actionnaires de revendre aux Français, et alors que de plus en plus de voix clament que le "stand alone" (la banque se gère et s'assume seule avec la force de ses actionnaires et sans être rattachée à un autre groupe) est tout à fait possible, Didier Reynders continue à croire en la solution BNP Paribas. Il y a là un entêtement inquiétant, frisant la pathologie... Et que dire alors de son comportement dans l'intégration puis l'expulsion de Lidé (le parti de Rudy Arnoudt), tout cela en l'espace de quelques heures ! Finalement, après avoir tenté l'économie-casino, le président du MR ne nous préparerait-il pas une nouvelle théorie politique, à savoir la politique-casino ?
Le bonhomme hiver a brûlé (sans carburant, lui...), le printemps s'en vient. Le PS compte sur vous dans quelques semaines pour lui faire une fleur.
Fraternellement
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